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Grenoble : débat d’orientations budgétaires

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02 Fév Grenoble : débat d’orientations budgétaires

Intervention de Mireille d’Ornano,
Présidente du groupe Front National au conseil municipal de Grenoble
Débat d’orientations budgétaires (26/01/2015)

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Ce débat d’orientation budgétaire que vous soumettez à notre réflexion, permet autant que faire se peut, d’entrevoir qu’elle devrait être l’utilisation des deniers publics et d’en appréhender ainsi les conséquences financières pour l’année à venir.

Dans ce document de 34 pages, vous commencez par décrire la situation économique au plan national qui laisse apparaître effectivement un tassement régulier du PIB et une augmentation de la dette ; en effet, si le pays s’enfonce inexorablement dans la crise, Grenoble faute d’une meilleure gestion, s’enfonce elle aussi dans cette spirale infernale.

C’est si vrai, que vous en arrivez à rappeler que la ville pourrait ne plus être à même de tenir ses obligations budgétaires et donc se trouver en situation de cessation de paiement avec au final une mise sous tutelle en bonne et due forme.

Cruel aveu s’il en fut.

Une première du genre et dans un tel document, qui laisse ainsi apparaître votre réelle inquiétude. Si cette fragile situation vous sert d’une certaine manière à justifier la stagnation du budget municipal dont la maîtrise semble vous échapper, ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose, vous vous en servez pourtant d’excuse, pour nous présenter un budget dont l’épargne nette, après paiement du capital, présente avant même que l’année ne commence, un solde négatif de 8,3 M d’euros.

La croissance n’est donc plus là pour mettre un frein à la gabegie ni colmater les déficits.

Par ailleurs, force est de constater, que votre présentation politique, n’arrive pas à hiérarchiser les objectifs. Elle mélange au cours des pages, l’idéologie la plus utopiste sinon la plus fantaisiste comme la jardinerie citoyenne qui en est un des meilleurs exemples, avec celles qui prennent leurs sources dans des prétendus projets imaginés entre amis et en vase clos, loin des réalités du terrain.

Visiblement vous avez les plus grandes difficultés à faire le choix entre l’utile et l’agréable entre l’intérêt général et le clientélisme de mauvais aloi.

Vous nous proposez une ville/bobo et je serais d’ailleurs très intéressée de savoir ce que signifient vos écrits plutôt obscurs : quand je lis dans le texte, que «c’est Grenoble qui respecte, c’est Grenoble qui prend soin de tous, et Grenoble qui fait émerger la nouveauté» .

Au final, je crains que votre équipe ne se prenne pour le guide suprême de la population. A l’évidence, cela se traduit par l’absence de place laissée à l’initiative privée, puisque de l’emploi au logement en passant par le transport, tout semble être selon vous strictement encadré par elle.

Monsieur le maire, nous n’avons pas besoin d’une ville/bobo, mais tout simplement de services municipaux d’un excellent rapport qualité-prix, ce qui devrait nous laisser une large marge de manœuvre.

Si je m’en tiens à la ligne des dépenses de personnel, j’observe que celle-ci reste stable après une augmentation en 2014 de 5,7% entre le budget et la première décision modificative.

En réalité, on est donc reparti pour une augmentation réelle de 5 à 6%.

A ce sujet, je vous ferais observer selon une étude de l’Ifrap publiée en 2014, que Grenoble est l’une des villes de France, où l’absentéisme est le plus élevé avec 15% des agents absents et une moyenne de 35,4 jours d’absence par agent.

Vous ne nous ne ferez pas croire que la situation sanitaire de Grenoble serait telle, qu’elle justifierait cet absentéisme qui frise jusqu’à la désertion en rase campagne; il y a donc là, un véritable malaise dans la gestion du personnel et de fortes économies à réaliser, en remotivant les troupes et en lui insufflant avec des mesures mieux appropriées, une réelle incitation au travail; mais visiblement cette réalité ne semble guère vous émouvoir, elle représente pourtant plus de la moitié du budget de fonctionnement.

Si je prends la ligne du CCAS, je constate que celle-ci reste identique alors qu’il est le deuxième de France derrière Paris et alors que la population de la capitale elle dépasse les 2 millions d’habitants. Monsieur le maire, convenez que vous devriez procéder à sa décrue et ramener ainsi ce budget à des normes plus raisonnables.

J’ajoute que le maintien des financements aux quartiers prioritaires à de tels niveaux, ainsi que les aides au logement en tout genre, procède d’un réel clientélisme qui ne devrait pas être la règle, mais bien l’exception ; car si votre aile gauche, la plus dure, a surfé sur les flux migratoires contre la classe ouvrière, elle le fait forcément au détriment de l’ensemble des habitants et renforce par ce fait, la montée inéluctable de la pauvreté.

Nous le savons, la politique de la ville, n’a fait que renforcer la politique de l’immigration dont tout le monde se plait à dire aujourd’hui, que l’intégration est malgré cela un échec flagrant, sachant que ces vagues successives qui se succèdent dans ces quartiers sont de plus en plus pauvres et de moins en moins intégrables. Ce n’est pas pour rien qu’il y a eu 6000 demandes de logements à Grenoble cette année, en augmentation constante d’une année sur l’autre.

A l’évidence tout le monde le sait à moins d’en être inconscient, que l’absence de maîtrise politique dans ce domaine, fait à terme courir un risque réel sur la tranquillité publique qui vous est si chère.

A cet égard, il semble qu’en matière de sécurité, dont le mot semble vous terroriser, que les récents événements dramatiques que nous avons connus, ne vous aient pas servi de leçon lorsque vous parlez de dérives s’agissant d’armer la police municipale, mais nécessité faisant loi, il faudra bien un jour ou l’autre vous y résoudre.

Le bâton blanc d’un gendarme n’a jamais fait le poids face à la kalachnikov d’un voyou !

S’agissant de votre politique de la circulation, celle-ci pose un véritable problème pour l’emploi à Grenoble. La suppression systématique des places de stationnement, l’étroitesse des voies de circulation ; la hausse des tarifs et des contraventions, montrent l’indifférence que vous avez pour celles et ceux qui n’habitent pas Grenoble. Votre chasse à l’auto en ville relève d’une véritable frénésie peut respectueuse des nécessités voire des obligations de chacun.

Ainsi les commerçants se plaignent d’une forte baisse de fréquentation due à la difficulté d’accès de leurs clients potentiels. Les fermetures sont en nette augmentation. La hausse du nombre d’appartements à vendre ou à louer devrait vous alerter mais vous n’y voyez qu’une éternelle lutte des classes alors qu’elle montre un malaise beaucoup plus profond des habitants.

En ce qui concerne les déplacements, vous souhaitez promouvoir la marche à pied, aujourd’hui le vélo et demain pourquoi pas la trottinette ; tout ceci montre bien votre vision réductrice des quartiers repliés sur eux-mêmes. On retrouve cela dans les grands travaux comme l’aménagement de la gare SNCF qui ne deviendra facilement accessible qu’à ceux qui habitent le pâté de maison d’en face. On retrouve la même erreur dans la ZAC de la presqu’île, où les gens sont sensés vivre sans transport automobile, mais uniquement avec l’aide de leurs mollets.

Enfin, tout comme l’exécutif de la Métro, vous laissez croire que les impôts n’augmenteront pas; ils subiront pourtant l’augmentation des bases et les grenoblois paieront donc en moyenne, 1,3 % d’impôts supplémentaires car si vous ne voulez pas augmenter les impôts il faudra baisser les taux des taxes communales et au pire moins utiliser l’emprunt qui n’est finalement qu’un impôt différé. A l’évidence, vos orientations budgétaires, sont le reflet d’une politique utopique qui élude les sujets difficiles.
Ces orientations laissent entrevoir un prochain budget gravement en déséquilibre. Au lieu que la section de fonctionnement apporte des ressources à la section d’investissement c’est l’inverse qui se produira vous désorientez donc le futur budget au lieu de l’orienter; je laisse maintenant mon collègue évoquer l’augmentation de la dette et le fardeau insupportable qu’elle imposera à l’ensemble de notre communauté, en vous précisant les nombreuses sources d’économies encore possible.

Je vous remercie de votre attention.

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