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Colloque ELDD sur les 60 ans du Traité de Rome

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08 Déc Colloque ELDD sur les 60 ans du Traité de Rome

J’ai eu l’honneur de participer hier au colloque organisé par notre groupe au Parlement européen, Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe (ELDD).

Cet événement célébrait les 60 ans du Traité de Rome, traité qui créa la Communauté économique européenne et entama symboliquement le processus dit de la construction européenne. Il s’est déroulé à Paris, en présence d’un nombre important d’élus, dont les trois parlementaires européens des Patriotes (Florian Philippot, Sophie Montel et moi-même), et David Coburn, numéro deux du UKIP (numéro un en Ecosse), notre collègue à Bruxelles et Strasbourg, membre lui aussi du groupe ELDD.

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Le colloque s’est articulé autour des interventions de quatre économistes de renom, qui se sont également prêtés au jeu des questions – réponses avec le nombreux public venu écouter leurs exposés passionnants.

Jean-Claude Werrebrouck, ancien professeur d’économie à Lille 2, a commencé les travaux en expliquant les raisons pour lesquelles la zone euro ne formait pas une zone monétaire optimale, utilisant la comparaison pertinente avec un canal censé traverser des zones au relief accidenté, sans qu’aucune écluse ne permette d’ajuster les différents niveaux. Son exposé a permis de mettre en évidence la nécessité de procéder à des transferts massifs de richesse depuis le cœur de la zone euro (et notamment l’Allemagne) vers sa périphérie (en particulier les pays du sud comme la Grèce) pour contrebalancer les différentiels importants qui se font jour entre nations en matière de productivité, transferts dont il a considéré qu’ils paraissent aujourd’hui totalement utopiques.

Philippe Murer, ancien économiste et conseiller environnement du Front National, co-auteur d’études de renom menées avec Jacques Sapir sur les scénarios de dissolution de la zone euro, s’est ensuite attardé sur le Brexit. Il a mis en évidence les conséquences économiques de cet événement majeur de l’histoire de l’Union européenne, pour le Royaume-Uni, mais également pour les autres pays de l’UE. Les interdépendances entre les nations du continent et la Grande-Bretagne sont telles, notamment du point de vue commercial, que ni les premières ni la seconde n’auraient intérêt à faire échouer les négociations actuellement en cours, ni à ne pas tout mettre en œuvre pour assurer la plus grande fluidité dans les échanges commerciaux après le Brexit.

C’est ensuite Alberto Bagnai, économiste italien, professeur associé à l’université de Pescara et chercheur associé au Centre de recherche en économie appliquée à la mondialisation (CREAM) de l’université de Rouen, qui a eu la mission d’exposer à l’assistance la façon dont le fonctionnement de la zone euro est perçu de l’autre côté des Alpes. Les Italiens souffrent fortement de l’euro, au même titre que les autres économies du sud de l’Europe, et représentent un cas intéressant, dans la mesure où ce pays, unifié à la fin du XIXème siècle, il y a près de 150 ans, présente toujours de profondes disparités entre les régions du nord, riches, et celles du sud, plus pauvres, preuve de la difficulté qui existe à traduire de manière positive d’un point économique les souhaits d’unification politique de différentes zones d’un même territoire. Selon Alberto Bagnai, c’est la crise économique que produira la zone euro qui engendrera un changement dans les politiques menées.

Enfin, Jacques Sapir, économiste à l’EHESS et membre de l’Académie des Sciences de Russie, a livré une explication captivante sur les raisons qui ont poussé l’Union européenne, projet qu’on pouvait considérer à l’origine comme démocratique, à devenir peu à peu, un instrument de tyrannie exercé sur les peuples européens, en particulier ceux du sud de l’Europe. Puisant dans de nombreuses références majeures de la science politique, il a notamment expliqué en quoi la production normative intense issue des institutions européennes avait tendance, peu à peu, à assure la primauté du technique sur la décision démocratique, et donc à éloigner les citoyens des processus de décision. Il a considéré qu’il conviendrait de donner au politique, au niveau national, pendant un temps déterminé et sous un contrôle parlementaire exercé a posteriori, des marges de manœuvre exceptionnelles pour réussir à se défaire de l’eurotyrannie.6 décembre 2

Les conclusions politiques de ce colloque ont d’abord été tirées par David Coburn, député européen du Ukip, qui a souligné l’extrême importance de mener dans le cadre des campagnes électorales un grand exercice de pédagogie sur les conséquences économiques (et les perceptions par la population de ces conséquences économiques) des projets politiques portés.6 décembre 1

Florian Philippot, député européen et président des Patriotes, a quant à lui exprimé son sentiment sur la nécessité d’un Frexit, seule solution pour permettre à la France de retrouver sa souveraineté. Remontant aux origines de l’Union européenne, et s’attardant notamment sur l’extrême difficulté qu’il y a à tenter de réformer les traités européens, il a considéré que c’est dans l’activation de l’article 50, et le recours à l’expression directe du peuple, que réside la possibilité pour la nation française de s’affranchir d’une tutelle européenne devenue étouffante.

Je retiens de cette journée la très grande richesse des interventions des différents orateurs. Elles auront permis de donner une matière technique et politique d’une densité exceptionnelle pour étayer du mieux possible le grand exercice de conviction auquel nous devons nous livrer pour libérer le peuple français mais bien d’autres peuples européens également de l’emprise de l’Union européenne. Une grande exigence intellectuelle, une confiance forte dans l’action que nous menons, et une espérance dans la lucidité des peuples européens sont les trois moteurs essentiels pour mener à bien le projet qui est le nôtre de rendre leur liberté aux nations d’Europe.

 

Les propos tenus sur ce site n'engagent que leur auteur et non pas le Parlement européen.