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Compte-rendu de Mireille d’Ornano suite à son déplacement parlementaire à la Réunion et à Mayotte du 10 au 14 avril 2018.

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20 Avr Compte-rendu de Mireille d’Ornano suite à son déplacement parlementaire à la Réunion et à Mayotte du 10 au 14 avril 2018.

J’ai participé récemment à la visite parlementaire ELDD organisée dans deux départements français d’outre-mer, La Réunion et Mayotte.

A cette occasion, j’ai participé à deux conférences sur les liens entre l’Union européenne et nos territoires ultramarins, et ai pu rencontrer nombre d’acteurs économiques et représentants de l’Etat ou des administrations.

Je dois dire d’abord que j’ai été frappée par la qualité de la réflexion des personnes avec qui nous avons dialogué sur place. Les habitants de la Réunion, comme de Mayotte, portent une analyse lucide sur la situation de leur île respective et des solutions à apporter à leurs problèmes. Les expériences sont différentes, et le degré d’urgence pour Mayotte (j’y reviendrai) est immense, mais dans les deux cas, c’est un besoin d’affirmation forte de l’Etat qui est attendue. Les habitants ont conscience des potentialités économiques, touristiques, géostratégiques de leurs îles, mais ils voient leurs ambitions contraintes par un Etat qui ne joue pas son rôle, et une Union européenne qui bien souvent entrave.

Au chapitre économique, nous avons eu l’occasion d’aborder différents dossiers, à commencer par celui de la pêche à la Réunion, et par ceux des activités agricoles importantes de l’Ile, comme la fabrication de vanille bourbon ou encore celle du rhum. Face à la concurrence déloyale, c’est le rôle de l’Etat d’assurer la protection commerciale des productions françaises de la Réunion ; mais dans ce domaine, nos obligations européennes nous empêchent d’assurer notre défense et notre réussite.
Les acteurs locaux sont dynamiques, ils connaissent les opportunités immenses que leur donnent ces territoires au potentiel immense, tant du point de vue des richesses culturelles que du tourisme. A nous de les aider comme il convient.

Au-delà de l’intérêt économique que représentent ces départements d’outre-mer, et de la hausse du niveau de vie que cela pourrait permettre pour des populations qui ont un besoin urgent de pouvoir d’achat, notamment à Mayotte, mais aussi à la Réunion où le revenu moyen est à peine de 70% celui de l’Union européenne, c’est l’avantage géostratégique énorme de ces territoires qu’il faut aussi souligner.

La présence de la France dans les eaux de l’Océan indien ou du Canal du Mozambique est essentielle à l’influence de notre pays, tant sur le plan militaire que diplomatique. Mais nous devons aussi penser ces départements comme des ponts avancés d’une politique de la mer beaucoup plus ambitieuse qu’aujourd’hui. Ces lieux doivent être des zones de recherches scientifiques intensives, et ce sont de nombreuses filières qui sont concernées : protection de l’environnement, très riche et parfois inestimable, comme la barrière de corail de Mayotte, étude des fonds marins, vulcanologie et sismologie, approvisionnement énergétique, techniques de pêche modernes et respectueuses de la nature, etc. La recherche n’est pas seule concernée, parce que les investissements dans les productions du futur, écoresponsables, doivent suivre.

Élue particulièrement investie sur les questions environnementales, j’ai été sensible aux efforts réalisés pour assurer la protection de la biodiversité. J’ai aussi mesuré la richesse naturelle exceptionnelle de ces deux îles, et la nécessité de miser sur des opportunités économiques respectueuses de la faune et de la flore.

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Sur l’île de Mayotte, où nous nous sommes rendus dès le deuxième jour de notre visite, ce sont les questions d’insécurité, d’immigration et de pauvreté qui nous ont particulièrement frappés.
J’explique dans cette vidéo les impressions qui ont été les miennes à Mayotte, où j’ai été véritablement scandalisée par la pauvreté omniprésente et l’horrible abandon des habitants par l’État.
Je souhaite ici simplement relater les discussions que nous avons eues. D’abord avec le directeur de cabinet du préfet, qui nous a dressé un portrait un peu idyllique de la situation sur l’île tant en termes de vie économique que de sécurité.

Des policiers également rencontrés sur place nous ont expliqué le calvaire que subissent les habitants et les forces de l’ordre au quotidien : multiplication des cambriolages, des attaques violentes, organisation de la population en milices privées, etc. Ils ont clairement évoqué le problème central du manque de moyens pour des personnels qui font ce qu’ils peuvent dans une situation hors de contrôle, mais qui sont à bout de nerf.
Au cours d’une conférence organisée à Mayotte sur la politique migratoire européenne, j’ai pu rappeler quelques éléments centraux du débat. Mayotte est confrontée à une pression migratoire très forte en provenance des Comores, îles très proches et parmi les pays les plus pauvres de la planète.

L’intégration de Mayotte dans les régions ultrapériphériques de l’UE en 2014 s’est accompagnée d’une forte hausse du regroupement familial, sans que la question relative au droit du sol des enfants nés de parents comoriens sur le sol de la République n’ait pu être solutionnée.

« Les outre-mer territoires oubliés de l’Europe », c’était le titre de notre seconde conférence lors de notre retour à la Réunion. Oubliés de l’Europe, c’est le moins qu’on puisse dire, ces régions étant considérées par Bruxelles comme quantité négligeable. Mais elles subissent également les conséquences de la politique européenne que nous sommes obligés de vivre aussi en métropole. En réalité, le statut de région ultrapériphérique de l’UE ajoute des problèmes à ceux qui existent déjà du fait de l’UE.

Les conséquences sont migratoires, nous l’avons dit, mais aussi économiques. L’Union européenne contribue beaucoup à la précarisation des populations sur place, directement ou indirectement. Or, comme je le dis dans la vidéo que je cite plus haut, la pauvreté n’est pas une fatalité. La sortie de l’Union européenne est une option indispensable pour extraire ces territoires aussi de leurs difficultés économiques, parfois terribles. Là-bas comme en métropole, le Frexit est une démarche d’avenir, qui ouvrira ces territoires sur le monde, comme le reste de notre pays.

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En somme, la Réunion et Mayotte, sont des trésors de notre outre-mer qui souffrent d’une forme d’abandon de l’Etat, seul acteur légitime pour intervenir efficacement et souverainement. C’est particulièrement criant à Mayotte, terre sinistrée et abandonnée. N’oublions pas que c’est la France, la France intégralement, qui vit dans cette zone du monde, et que nous ne devrions jamais, nous qui sommes loin la plupart du temps, oublier que les Mahorais et les Réunionnais se sentent pleinement français et intégrés à la République. Ils ont de l’ambition pour leurs îles. A nous d’être dignes en métropole des attentes légitimes et nobles des habitants de Mayotte et de la Réunion.

Les propos tenus sur ce site n'engagent que leur auteur et non pas le Parlement européen.